Les engrais complémentaires

Malgré l’usage d’engrais de base, le sol peut encore manquer d’éléments nutritifs. Une analyse de sol peut identifier les carences. On ajoute alors des engrais complémentaires d’origine animale ou végétale pour compléter les besoins :

On choisit son fertilisant complémentaire en fonction de l'élément principal à apporter :tableau fertilisants

Les engrais verts sont des plantes qu’on cultive avant, pendant ou entre deux cultures, sur une courte durée. Ils enrichissent le sol en azote (trèfle, vesce, mélilot…), en phosphore (moutarde, sarrasin…) ou en potassium (colza, navet…). Ces engrais verts étouffent aussi les « mauvaises » herbes, protègent le sol de l’érosion. Ils améliorent aussi la structure du sol et permettent de développer la vie sous-terraine.

Les purins de végétaux sont des macérations de plantes. Pour en obtenir, on fait tremper les feuilles dans de l’eau. Après la fermentation, on filtre le tout et on dilue la préparation. On peut ensuite l’appliquer sur les cultures. L’ortie, riche en éléments nutritifs, est un très bon activateur de croissance. La consoude est aussi un bon en purin qui apporte beaucoup de potasse.

La cendre est riche en potasse ou en phosphore, selon les essences de bois. Sur un sol calcaire, on l’étale sur la surface du sol, en fine couche. On peut en récupérer de son poêle à bois, à condition que le bois de chauffage soit non traité.

Le sang séché est un sous-produit des abattoirs. C’est un excellent engrais de croissance. Très riche en azote, il convient au potager et au jardin.

La corne est riche en azote. Elle libère ses éléments nutritifs lentement dans le sol. Mais son action est plus rapide si elle est torréfiée plutôt que broyée.

Le guano est un engrais efficace, riche en azote. Il provient des excréments d’oiseaux marins, plus rarement de chauve-souris. On l’applique avant ou après les plantations.

La poudre d’os convient bien aux légumes à fruits et à racine. Surtout riche en phosphore, elle apporte aussi un peu d’azote. On l’utilise pendant ou après les plantations.

La farine d’arêtes de poissons est parfaite pour les légumes-racines et les légumes-fruits. Elle est riche en phosphore puis en azote. On la rend souvent liquide pour en faciliter l’utilisation. On l’utilise sur tous les sols et sur le compost.

La vinasse de betterave provient des résidus obtenus après extraction du sucre des betteraves. Elle est riche en potasse mais contient d’autres oligoéléments.

Le mulch est très utile mais apporte peu d’éléments nutritifs s'il n'est pas organique (carton, voile de protection...).

Les algues marines sont riches en azote et en phosphore.

On évite certains fertilisants si leur prélèvement épuise l’environnement dans lequel ils sont exploités. C’est le cas de la tourbe. Elle maintient une humidité favorable dans les sols acides mais est issue des fragiles milieux marécageux. Le lithothamne provient d’algues calcaires et régule le pH du sol. Mais son exploitation peut bouleverser l’écosystème marin.

 

À éviter : les engrais chimiques

Les engrais chimiques de synthèse ou engrais minéraux sont interdits en agriculture biologique. Ils proviennent de ressources non renouvelables et génèrent beaucoup de gaz à effets de serre. Leur fabrication peut contaminer les sols en métaux lourds, comme c’est le cas de certains engrais phosphatés.

Au potager et au jardin, les engrais chimiques sont moins utiles que les fertilisants naturels :

Ils sont directement assimilables par les racines des plantes : après l’application, les plantes reçoivent un « coup de fouet » mais les effets se dissipent vite. Au final, ils n’améliorent pas la qualité du sol.
S’il pleut juste après l’utilisation, les engrais sont lessivés par les pluies. Ils perturbent alors les équilibres naturels. Par exemple, trop de nitrate et de phosphore dans l’eau cause la prolifération d’algues aquatiques. Ces algues consomment tout l’oxygène présent et certains organismes disparaissent. C’est le phénomène d’eutrophisation.


Appliqués trop souvent sur les cultures, les engrais chimiques posent d’autres problèmes :

la vie du sol faiblit ;
les vers de terre disparaissent ;
la structure de la terre change ;
les plantes sont de moins en moins résistantes.
C’est pourquoi il faut à tout prix éviter les engrais chimiques et se tourner vers des engrais naturels ou des méthodes écologiques, comme la rotation des cultures.

 

Sources et pour en savoir plus :

INRA, la durabilité des engrais minéraux
Le sillon belge, 2017, « Comment bien fertiliser son sol ? »
Trédoulat T., 2011, « Le traité Rustica du jardinage avec la lune », éd. Rustica.
Louis J.-P., 1999, « Jardiner plus naturel », éd. minerva.
Beauvais M., 2011, « Jardiner bio sans se raconter de salades ! », éd. Rustica.

Avec l’aimable autorisation d’écoconso
www.ecoconso.be.